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Rencontre

Le cinéma de Guy Debord ou la négativité à l'oeuvre (1952-1978) - Rétrospective des films

07.02 - 09.02.2008

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Infos Pratiques:
Lieu : Sala Cinema Michel Piccoli

Le cinéma de Guy Debord est avant tout ancré dans la vie, sa vie, une vie marquée par le refus de toutes les aliénations. En 1951, Guy Debord rencontre au Festival de Cannes une bande de jeunes provocateurs, les lettristes, qui obligent les organisateurs à projeter le film Traité de bave et d’éternité , réalisé par leur meneur Isidore Isou. L’année suivante, à Paris, il fait lui-même une entrée fracassante dans ce domaine avec Hurlements en faveur de Sade. C’est un véritable coup de tonnerre que ce premier film, sans images, qui se conclut par une séquence silencieuse de vingt-quatre minutes durant lesquelles l’écran reste totalement noir. De la façon la plus radicale, Debord dit son ambition : détruire le cinéma, ce spectacle qui offre au public des vies de substitution. Il écrira plus tard : « ce qui, chez moi, a déplu d’une manière très durable, c’est ce que j’ai fait en 1952 ». Il réalise pourtant d’autres oeuvres cinématographiques, où il emploie le procédé du détournement, réutilisant des extraits de films ou de textes, créant des rapprochements, afin de leur donner un sens nouveau.

À l’époque, cette technique est pratiquée pour contester les discours dominants et les expressions artistiques classiques. Avec une extrême cohérence entre la forme et le contenu, Debord tente de dépasser à la fois le cinéma commercial considéré comme une redoutable machine de pacification sociale et les oeuvres d’avantgarde aux exigences exclusivement esthétiques. Ses films évoquent son existence passionnée aussi bien que les théories qui lui sont indissociables. Car Debord n’est pas simplement un cinéaste, il a toujours cherché à échapper à la spécialisation. C’est un révolutionnaire qui ne s’est jamais satisfait des images. À leur envahissement, il oppose en stratège une praxis, une attitude dont ses films rendent compte. Et si pour lui, toute représentation implique forcément un appauvrissement au regard de l’intensité de la vie, ses oeuvres continuent à apparaître aujourd’hui comme d’éclatantes négations de la société telle que chacun apprend encore à l’accepter. De manière admirable, elles portent la flamme d’un parcours singulier dépourvu de concessions.

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